Démission sous contrainte et menaces
Perplexe. Lasse.
Je suis profondément perturbée entre les droits que j’ai et le respect de moi-même que je ne veux pas perdre. La loi me demande de mentir et d’être fourbe, je ne peux accepter ça. Je suis censée mettre dans la lettre avec AR que je demande l’annulation de la démission car faite sous menaces et en état de choc PUIS une réintégration au sein de l’entreprise. Conseil de l’avocate : abandon de poste.
Je ne peux pas demander quelque chose que je ne veux pas car ce serait me désavouer : 1) j’ai fait une démission assumée malgré les menaces et la contrainte pour l’obtenir, qui m’a rendue libre de vivre sans angoisse, je ne reviendrai pas dessus ; 2) je refuse de réintégrer pour même 1h ce boulot pour ensuite fuir lâchement. Peu importe que la loi soit ainsi faite je ne peux pas me mettre dans la légalité et ainsi toucher des indémnités auxquelles j’ai effectivement droit et ne plus pouvoir me regarder en face ensuite.
Je ne m’en sors pas.
J’ai d’un côté ce qui est je crois une question d’orgueil, de fierté, d’honneur. On place tous ces valeurs à une certaine échelle, à une certaine limite. Les miennes sont là.
De l’autre côté.. j’ai mon vécu. Et donc ma peur. Mes peurs.
Ma mère a subi 13 années de harcèlement moral, de dépressions en dépressions, TS, médicaments et j’en passe. Pour finalement démissionner alors qu’elle était détruite depuis bien longtemps et ma vie avec. Je n’ai pas tenu une semaine, j’ai démissionné avant d’en arriver à croiser ma mère dans le miroir de ma salle de bain.
Ma mère ne s’arrêtant pas en chemin, et ayant prêté de l’argent a plus d’une personne non recommandée, a voulu récupérer une somme rondelette au bout d’un an je crois. La réponse n’a pas tardé, la personne a mis le feu à notre maison. On a tout perdu, toit, vêtements, souvenirs, meubles. Tout. Le mot représaille est encré en moi fortement. Je sais la violence de mon ancienne patronne et de son mari, qui a déjà poussé un homme dans un escalator. J’ai déjà assisté à ces colères, comme jeter le chariot à travers le magasin devant les clients.
Je ne doute pas un instant que je me cache derrière tout ça pour légitimer une lâcheté qui me fait honte.
J’ai peur de ne pas me respecter en faisant cette lettre.
J’ai peur de ne pas me respecter en ne la faisant pas.

saloperie de choix…
Nous sommes tous libre de faire nos choix.
Le plus dur n’étant pas de choisir, mais d’assumer nos choix. Devant nous mêmes.
Parce que les autres, disons le carrément, on s’en fout. Enfin, pas tous, mais beaucoup quand même.
Libre c’est un fait. Le tout est d’accepter cette liberté et j’avoue que plus j’y pense plus je me dis que vraiment, je pouvais vivre ma vie sans faire cette lettre.. Parce que même si j’obtiens gain de cause, je n’aurai jamais ce qui était important : ma patronne comprenant qu’elle a dérapé. C’est de ça dont j’aurais besoin, pas pour elle (je ne suis pas autant altruiste) mais juste pour moi.